Tous les cris, les S.O.S.
L'action humanitaire de
Daniel Balavoine se poursuit


Interview de Claire Balavoine dans le
journal "LE PARISIEN" en janvier 1999


Il y a treize ans, jour pour jour, le 14 janvier 1986, en marge du Paris-Dakar, Daniel Balavoine disparaissait dans un accident d'hélicoptère près de Gao, au Mali, au coeur du Sahel, région d'Afrique pour laquelle il s'était pris de passion.

Avec l'organisateur Thierry Sabine, également victime du crash qui avait fait cinq morts, le chanteur lançait son action humanitaire auprès des victimes de la sécheresse.

Claire, présidente de l'Association Daniel Balavoine, implantée à Suresnes, perpétue la mémoire de son petit frère (le cadet de sept enfants) et son action, avec la même flamme que lui.

Pourquoi ADB, l'Association Daniel Balavoine ?

Quand Daniel nous a quittés, les disques Barclay et Line Light Productions, l'organisateur de ses galas et les disques Barclay ont reçu des milliers de lettres de son public. Ces gens de 10 à 95 ans voulaient que le travail de terrain entrepris par Daniel soit poursuivi.

Après avoir disputé deux Paris-Dakar, en 1983 et 1985 (30e avec le journaliste Jean-Luc Roy au volant), mon frère y est revenu en 1986. Frappé trois ans plus tôt, par la misère due à la sécheresse, il acheminait, avec Thierry Sabine, les premières moto-pompes au Mali, avec la caravane des "Paris du Cœur".

Puis, le drame est arrivé.
Qu'en savez-vous treize ans après ?

Rien de plus, si ce n'est que l 'hélico s'est mis soudain à vibrer alors que le vent de sable était pourtant tombé.

Le journaliste de télé, Jean-Luc Roy, avait laissé sa place à Daniel pour un baptême de l 'air. L'appareil était parti de Gao après le coup d'envoi du traditionnel match de foot entre les concurrents du Dakar. Soudain, Thierry Sabine a annoncé par radio qu 'il fallait impérativement se poser, 12 km avant l'escale de Gourma-Rhaous, au Mali. Et puis, plus rien...

L'accident a eu lieu le 14 janvier 1986 en fin de journée. La famille l'a appris comme tout le monde, le lendemain à 10 heures, par les radios périphériques.

Depuis quand l 'association est-elle basée à Suresnes ?

Depuis 1993. Après avoir été basée à Paris à l'origine, en mars 1986, puis à Asnières, l 'opportunité de rejoindre Suresnes s'est présentée.

Passionné du continent africain, Edouard Dor, directeur de la Radio O'FM, devenue depuis Sport O'FM, nous a proposé un bureau pour un loyer modeste, dans l'immeuble neuf situé, 79 rue Jean-Jacques Rousseau.

C 'est sa façon de s'impliquer dans ADB, dont il est l 'un des administrateurs. Les Hauts-de-Seine sont donc notre terre d'adoption.

Votre bilan de treize ans d'action humanitaire ?

Ce sont trente-deux motopompes installées dans 25 villages maliens, sur les bords du fleuve Niger.
Avant, les habitants comptaient sur les crues pour produire 1 à 2 tonnes de riz par village et par an.
L'irrigation a permis deux récoltes par an et la production de 3000 tonnes de riz pour le secteur concerné. L 'eau a en outre évité l'exode rural. Comme les pompes, six décortiqueuses de riz ont été remises directement aux villageois.

Daniel a toujours voulu se passer des intermédiaires. Nous avons également construit deux classes en pays touareg, et des fournitures scolaires ont été acheminées.
Nous faisons donc de  l'agri-culture. Daniel et Thierry étaient sensibles à deux choses, la faim et l'éducation.

Qu'est-ce qui a mobilisé Daniel ?

Ses idées, il ne supportait pas l'injustice, où qu'elle soit.

Même chose pour son implication dans les Restos du Coeur avec Coluche, SOS Racisme, Amnesty International, l 'Unicef.

La différence avec d'autres c'est qu'il s'exprimait naturellement, en chantant ou lorsqu'on lui demandait son avis.

Certaines de ses interventions ont provoqué des clashs.

Vous faîtes allusion à l'affaire des anciens combattants, (Claire ouvre une lettre anonyme qu'elle vient de recevoir, après l'émission du 5 janvier, sur France 3).
Daniel ne voulait pas insulter les anciens combattants, comme il l'a précisé par la suite. Il voulait simplement dire qu'il est aberrant que des parents qui ont vécu les affres de la guerre veuillent faire revivre la même chose à leurs enfants. Heureusement, l'association reçoit beaucoup de lettres qui lui sont favorables.

Irez-vous sur sa tombe, à Biarritz le 14 janvier ?

Je m'y rendrai plus tard, lorsqu'il y aura moins de monde. Je n'attend pas la date anniversaire de sa mort pour aller sur la tombe du petit. Pour moi, il demeure parmi nous.

Propos recueillis par Gérard Segu


[ Télécharger un autre témoignage concernant l'A.D.B. (1999 - MP3) ]


Remerciements à Chantal pour ces documents.

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