Tous les cris, les S.O.S.
De vous à elle
en passant par moi

(1975)

Et dans ses rêves
Aux couleurs brèves
Elle me fait l'amour au milieu des oiseaux

Daniel Balavoine

De vous à elle en passant par moi

Paroles et musiques de Daniel Balavoine, à l'exception des titres suivants :

- Tes pieds toucheront par terre : B. Balavoine / D. Balavoine
- L'enfant aux yeux d'Italie: D. Balavoine / B. Serré

Album conçu par Daniel Balavoine, réalisé par Andy Scott, supervisé par Léo Missir et Florence Albouker, arrangé et joué par :

- Narf Serre (Basse)
- Patrick Dulphy (Guitares)
- Cheriff Amara (Batterie)
- P.J. Borowsky (Piano & Synthétiseur)
- Guy Guermeur / Michel Ripoche / Pierre Louis (Cordes)
- Mélodie S.A. avec Guy Balavoine, Narf Serre et Patrice Schreider (Choeurs)
- Daniel Balavoine (Pianos, guitares acoustiques & choeurs)



En 1975, les Editions Barclay publient le premier disque "officiel" d'un jeune qui ne débute pas vraiment, puisqu'à 23 ans, il a déjà quelque sept années de pratique derrière lul.

Mais cet album passera inaperçu. Sans doute est-il trop confus pour le public. Il s'inscrit dans la lignée de la jeune variété française du moment, très fleur bleue. En effet, ce 33 tours est centré presque exclusivement sur les émois suscités par des femmes que l'auteur semble avoir aimées. Et pourtant, il n'est pas aussi simpliste que cela. Malgré une unité de thèmes, que l'on trouve également dans la composition musicale, on sent que ce jeune interprète cherche à extraire sa personnalité enfouie sous de nombreuses influences. Il n'est pas insensible à un héritage culturel classique à en juger par l'utisation importante des choeurs, du piano et des instruments à cordes comme ceux qui soulignent la comptine du "Pauvre Nicolas".

Parallèlement , il essaie de dynamiser l'ensemble par l'apport de sons plus modernes ou plus colorés. C'est ainsi qu'un synthétiseur s'harmonise au piano, contraste avec l'intermède classique qui sépare les couplets "d'Evelyne et moi", se rapprochant du cosmopolitisme d'un Michel Polnareff.

Les comparaisons flatteuses ne s'arrêtent pas là puisque des pointes de violons, qu'on croirait arrangées par un Serge Gainsbourg, font flamboyer les "Couleurs d'automne".
Des accords de guitare acoustique et des solos électrisés, comme ceux de "Tes pieds toucheront par terre" (dont le texte est signé par le frère du chanteur), ou l'introduction pop de "L'enfant aux yeux d'Italie", indiquent que l'auteur vit avant tout à l'écoute de son temps, dominé par les anglo-saxons.
Mais ce dernier morceau permet également de jouer sur les airs latins. Malgré les apparences, ce disque manifeste donc aussi la volonté de s'écarter des productions françaises courantes, en intégrant des éléments divers.

Les textes, pour leur part, révèlent de temps à autre un style intéressant. Certaines images, bien qu'elles paraissent un peu naives, laissent pressentir des dispositions pour l'écriture.
Comment résister au charme troublant qu'inspire l'amour platonique de "De vous à elle en passant par moi" : "J'envoyais des fleurs d'amour intense/Aux couleurs immenses / Des yeux je filais ses insolences / A demi-distance / Elle ne voulait pas enlever ses bas..."
Comment ne pas se perdre dans l'amour clin de "Evelyne et moi", dont "Les joues de satin / Caressaient mes mains..." ?

Pour terminer, notons la démarche originale de ce jeune artiste, qui conclut son album par une chanson-concept, divisée en quatre parties. D'abord une brève sonatine au piano qui traduit la peine que provoque l'ami qui trahit. S'ensuit la réaction superficielle de l'homme-enfant inconstant. Il revient à la réalitéé par une mise en situation humoristique, quand il "tombe" sur celle qui l'attendrit par des détails qui pourraient sembler ridicules : "Elle reprisait mes chaussettes / Les seins à l'air / Elle portait des lunettes / Le nez à l'envers".

Résultat : "De vous à elle en passant par moi / Ca ne vous regarde plus". L'album est bouclé. Il ne laissera pas un souvenir impérissable, malgré le dynamisme qui le caractérise jusque dans les thèmes les plus tristes (ce qui est surprenant). Si une chanson avait réuni les quelques qualités éparpillées ça et là, ça aurait pu marcher. Elle aurait pu faire connaître la voix troublante, pas encore adulte mais plus tout à fait adolescente, de ce jeune auteur-interprète, un certain Daniel Balavoine.

Paroles et musique - janvier 1987


Evelyne et moi      La t?te en bas

Le premier album de Daniel Balavoine a été réalisé avec Andy Scott qui allait devenir à la fois le meilleur ami et l' ingénieur du son attitré du chanteur.

Le disque ne devait pas passer inaperçu dans les bacs car il était vraiment original. La pochette était conçue comme une carte postale du début du siècle. On pouvait admirer une magnifique poupée sur fond argentée. En revanche, la photo du chanteur n'était visible que sur la sous-pochette, ce qui est plutôt surprenant pour promouvoir un jeune artiste inconnu. En regardant l'intérieur de la pochette, on peut découvrir un jeune homme aux cheveux longs, habillé à la mode « 70 », il porte un pantalon à pattes d'éléphant et des chaussures à talons hauts, les fameuses « platform-boots ».

Sur le plan musical, il est difficile de percevoir un style véritablement homogène dans cet album. Daniel avoue avoir composé un disque de « choriste » reflètant l'étendu de ses goûts musicaux : « Queen », les « Beatles », « Gainsbourg »...

Daniel utilise des guitares électriques couplées aux guitares sèches dans un style country : « Pas plus intelligent ». Mais il est également un des premiers chanteurs français à utiliser les synthétiseurs (en l'occurence le mellotron) alors que Jean-Michel Jarre n'a pas encore sorti son célèbre « Oxygène ».

« De vous à elle en passant par moi » est un album un peu « fouilli » dans lequel on peut entendre aussi bien des violons (« Couleurs d'automne ») et du piano (« Mona Lisa »), mais aussi de la guitare électrique (« Pauvre Nicolas »).

En ce qui concerne les paroles, on s'aperçoit qu'une grande partie du disque est consacrée aux amours adolescentes de son auteur : « Evelyne et moi », « Vis loin de moi », « L'enfant aux yeux d'Italie » (destinée à Catherine Ferry) et « Mona Lisa ». Cette dernière chanson a pour originalité d'être composée de quatre parties dont l'une est dédiée à Florence Aboulker, il s'agit de « Elle reprisait mes chaussettes ». Rappelons que Florence Aboulker travaillait avec Patrick Juvet et avait aidé Daniel à se faire connaître.

Ce premier album de Daniel Balavoine n'a pas permis au jeune chanteur de rencontrer un succès immédiat. Il fut boudé par les radios et les chaînes de télé. Il faut préciser que les radios F.M. n'existaient pas et par conséquent si un disque ne plaisait pas aux programmateurs des quatre stations périphériques de l'époque, il n'avait aucune chance de se vendre.

Thierry Rouault

Découvrez d'autres pochettes des disques de Daniel sur le site de Marc


Remerciements à Chantal pour ces documents.

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