Pour commencer vous allez découvrir un article
qui avait plongé Daniel dans une peine infinie comme le révéla
France Gall dans l'émission "Nostalgie Balavoine" (TF1, janvier 1988).
Claude Baignières s'était révélé particulièrement
odieux, il me semblait important de dénoncer cette méchanceté
gratuite. Daniel Balavoine n'a pas toujours fait l'unanimité comme vous
allez voir...
Thierry Rouault
Retrouvez d'autres articles dans le fanzine «
L'Inoubliable »
Alignées en batteries, dressées comme une
muraille, une centaine d'écrans de télévision constitue
le décor aux couleurs et aux dessins perpétuellement mouvants
de Starmania. Façon de rendre omniprésent le "média" qui
assure la gloire instantanée de l'artiste, du politicien ou de tout autre
gadget de notre société.
Sur le plateau, côté jardin, un orchestre
et son chef ; partout des accumulations d'instruments électroniques destinés
à coordonner les sons et les lumières, à amplifier les
premiers, à doser les secondes. Si bien qu'il ne reste au centre de la
scène immense du Palais des Congrès qu'un étroit espace
réservé aux interprètes venus nous donner la comédie.
Une précision diabolique
C'est qu'en réalité toutes ces infras et
superstructures audio-visuelles constituent le nerf principal d'un spectacle
dont l'objectif fondamental reste de multiplier les effets qui fascineront les
yeux et mobiliseront les oreilles des témoins de leur explosion. Et la
mise en scène de Tom O'Horgan coordonne avec une précision diabolique
ces fracassants moyens de séduction. Le spectateur est noyé, projeté,
roulé dans cet univers de vrombissements, de clignotements, de flashes,
de fusées et de fumées. Luna Park de l'an 2000, Scenic railway
pour loisirs de mutants ? On y résiste d'autant moins que la soirée
compte des atouts en outre très traditionnels.
L'anecdote d'abord qui confronte des personnages largement
stéréotypés : la star-sexe-symbole, le blouson noir, le
gourou de service, la speakerine de rêve, la vamp réfractaire,
le chef d'Etat dévoré par l'ambition. Tous rêvent du Pouvoir
et se disputent le "gros plan" à la "une". Entrechocs d'étoiles
dans une galaxie déréglée.
La violence, le cynisme sont donc au rendez-vous. Dans
les couplets tout au moins, car l'aire de jeu est trop exiguë pour que
se déploient des bataillons. Et Tom O'Horgan se contente alors d'organiser
la mise en place des interprètes des quelque trente chansons qui ponctuent
l'action. Et elles sont fort réussies ces chansons de Michel Berger.
Vous en retiendrez d'emblée une bonne dizaine. Mélodies bien venues,
harmonies raisonnables pimentées de ces acrobaties vocales chères
à Polnareff ou aux Rolling Stones, brisques sauts d'octaves entrecoupés
de mélopées à la Michel Legrand. La surprise a le tact
de ne pas désorienter.
Entre boys et girls
France Gall, Nanette Workman, Diane Dufresne, Fabienne
Thibeault, Etienne Chicot mettent tout leur coeur à l'ouvrage. Ils rebondissent
comme il faut entre les girls et boys qui leur font écrin. La tempête
passe, et aussi ce brin de mélancolie indispensable pour nous rappeler
que le simple bonheur demeure la plus inaccessible des ambitions.
Il manque peut-être dans l'affaire une injection
d'humour. A moins que nos auteurs aient pensé l'introduire en confiant
l'emploi du méchant garçon des banlieues à ce gros mou
de Daniel Balavoine. Je ne suis pas sûr que l'intention sera perçue.
Claude Baignières
Retrouvez d'autres articles dans le fanzine «
L'Inoubliable »